Harcèlement de rue : oui, il sera sanctionné mais il va falloir encore patienter – Elle.fr



Un regard qui vous déshabille, une insulte, une main aux fesses… Vous êtes nombreuses à avoir déjà été confrontées au harcèlement de rue – vous nous le racontiez d’ailleurs ici. Mais, bonne nouvelle, les choses pourraient peut-être enfin changer. Quand nous l’avions rencontré le 8 mars dernier, nous avions demandé à Emmanuel Macron – alors en campagne – ce qu’il comptait mettre en place concrètement pour lutter contre le harcèlement de rue. « Nous inciterons les victimes comme les témoins à réagir, à dénoncer. Je donnerai aux forces de police et de gendarmerie la possibilité de délivrer une amende immédiate comme pour un délit routier, dans le cadre de la réforme de la sécurité », annonçait-il alors. Mardi, Marlène Schiappa a confirmé la future verbalisation du harcèlement de rue. « D’un côté il y a la séduction, consentie, et de l’autre l’agression sexuelle, un délit pour lequel les femmes peuvent porter plainte. Au milieu il y a une zone grise », a expliqué la secrétaire d’État à l’égalité femmes-hommes sur le plateau de RMC/BFMTV.

 

« Vous vous sentez oppressée, c’est du harcèlement de rue »

 
Marlène Schiappa en a profité pour redonner un exemple concret : « vous êtes dans le métro, vous êtes une femme, un homme vous suit. Vous descendez, [il] descend. Vous remontez dans un autre métro, [il] remonte. [Il] vous demande votre numéro de téléphone. [Il] vous redemande votre numéro de téléphone. Il vous reredemande votre numéro de téléphone. Vous vous sentez oppressée, c’est du harcèlement de rue. » Concrètement, si on est harcelée dans la rue, que se passera-t-il ? « Vous allez voir un policier, il verbalise et met une amende à la personne qui vous a harcelée, qui vous a suivie, qui vous a demandé votre numéro de téléphone avec insistance ? », répond Marlène Schiappa. Qui reconnaît être en train de plancher sur le sujet avec Gérard Collomb, le ministre de l’Intérieur. Car tout l’enjeu désormais est de caractériser le harcèlement de rue dans la loi. Ce qui risque d’être un peu long. En effet, « les parlementaires et un groupe de travail vont se réunir, et vont nous dire ce qui caractérise le harcèlement de rue, de la même manière qu’en son temps, les parlementaires avaient caractérisé le harcèlement moral, en disant « ça c’en est, ça ce n’en est pas » », concède la secrétaire d’Etat.
 
Autre points qu’il faudra éclaircir : que se passe-t-il s’il n’y a pas de policier à proximité ? Faudra-t-il que de dernier assiste à un flagrant délit pour que le harcèlement de rue soit reconnu ? Ou devra-t-on trouver des témoins qui dénoncent les faits ? Il va donc falloir répondre sérieusement à ces questions mais surtout patienter encore. On peut toutefois saluer que la question soit enfin prise au sérieux. Rappelons que plus on dénoncera le harcèlement de rue et plus les choses bougeront.

ELLE



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