"Le Concert de Paris" du 14 juillet : Yannis Chebbi, producteur, nous parle de ce moment d'"émotion collective et nationale" – Elle.fr



Elle.fr. Vous produisez pour la cinquième année consécutive « Le Concert de Paris », qui met en avant l’art lyrique et la musique classique en prime time pour le 14 juillet. N’avez-vous pas eu peur au départ que ce choix de musique puisse rebuter le plus grand nombre et ne soit pas assez populaire ?

Yannis Chebbi. Ces dernières années, comme vous le savez, la musique classique et l’art lyrique se sont largement démocratisés. Plus fédérateur que « rebutant », ce choix de répertoire pour le Concert de Paris nous a paru être une belle initiative pour le public, présent et derrière les écrans.

En effet, des artistes comme Diana Damrau, Nadine Sierra, Anita Rachvelishvili, Bryan Hymel, Ludovic Tézier, Valery Gergiev ou encore Renaud et Gautier Capuçon, seront sur scène.
Ajoutés au lieu féérique du Champs-de-Mars / Tour Eiffel qui s’harmonise parfaitement avec ce genre musical, le concert en direct promet d’être exceptionnel.

Elle.fr. Le concert est retransmis en direct sur France 2 et France Inter. En tant que producteur, cette diffusion en direct induit-elle des contraintes techniques particulières ?

Y. B. En tant que producteur, il est évident que l’aspect technique et logistique d’un tel événement se révèle très lourd, et que les contraintes techniques sont nombreuses. Nous en avons l’habitude, car c’est notre métier, mais cette année un accent particulier sur la sécurité a été déployé, en coordination avec les services de la Préfecture de Police de Paris.

Pour vous donner un ordre d’idée seront mobilisés 500 techniciens de France TV, Radio France et Electron Libre / 22 caméras / 1 hélicoptère / 10 groupes électrogènes pour la retransmission en direct sur France 2 et France Inter. Le concert sera aussi retransmis dans 20 pays, ce qui lui confère une dimension internationale majeure.

Elle.fr. Deux noms plus connus du grand public que les autres émergent, Renaud et Gautier (son frère) Capuçon. Pensez-vous qu’il soit important pour le classique que des visages deviennent plus connus ?

Y. B. Oui, si cela peut servir à faire aimer encore plus la musique classique à grand nombre de profanes. Dans ce sens, les frères Capuçon poursuivent grâce à leur notoriété et leur talent « la démocratisation » de ce registre, et je m’en réjouis.

Elle.fr. Avez-vous prévu dans la programmation un hommage particulier aux victimes de Nice, qui sera ce 14 juillet dans toutes les mémoires ?

Y. B. L’un des temps forts de ce programme sera la minute de silence observée par les 500 000 spectateurs juste avant la Marseillaise en hommage aux victimes de Nice et du terrorisme.

Elle.fr. L’Elysée ou le gouvernement ont-ils donné des consignes particulières que ce soit pour le déroulé du concert ou de la programmation ?

Y. B. Nous avons agi en toute liberté de production avec nos partenaires : le Chœur et Maîtrise Radio France, l’Orchestre National, France Télévision, ainsi que la Mairie de Paris.
Nous avons reçu des consignes particulières liées à la sécurité au regard du contexte actuel, étant attendus plus de 500.000 spectateurs sur le site.

Elle.fr. La Marseillaise sera jouée, comme chaque année. Y a-t-il à ce moment- là une communion particulière avec le public ?

Y. B. Entonner la Marseillaise est devenu une tradition du concert annuel du 14 juillet, avec son lot d’émotion collective et nationale.
Cette année, ce final interprété par l’ensemble des artistes se voudra un moment de joie, de fête avant le feu d’artifice, mais aussi empreint d’une note solennelle.

ELLE



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