Manchester : comment leur en parler ? – Elle.fr



ELLE. Avec l attentat de Manchester, la violence terroriste est entre directement dans lunivers des enfants et des ados. Non seulement parce que a a eu lieu lors dun concert pour jeunes, mais les images de panique et les visages des jeunes victimes circulent sur les rseaux sociaux Quel impact cela peut-il avoir ?

X.P. Il ne faut pas croire que jusque-l, nos enfants on t pargns. Mme si on pense les avoir protgs, ils sont conscients de cette menace. Ne serait-ce que parce quils croisent des soldats arms dans les rues et les gares ou parce quils ont fait des exercices dentrainement dans les coles. Ce qui est dramatique, cest quils vont avoir le sentiment quaucun lieu nest protg, mme pas un lieu ddi la jeunesse. Or, il ny a que dans les guerres que les enfants sont tus aveuglment. Cette irruption dun acte de guerre dans nos socits de paix est extrmement angoissant pour tous, pas seulement les enfants.

ELLE. La grande majorit des spectateurs taient des filles et des adolescentes. Risquent-elles de se sentir encore plus vises ?

X.P. Je ne pense pas quelles feront ce lien. Ce qui est vis, cest lenfance, la jeunesse, le plaisir, la musique. Quun lieu de bonheur et de plaisir devienne un lieu de mort est terrible. Cela va faire ressurgir des images difficiles chez tous ceux qui connaissent quelquun touch par l attentat du Bataclan.

ELLE. En tant que parent, on ne mesure pas les informations quils reoivent sur leur portables, les rseaux sociaux. Comment en parler ?

X.P. Quand on est un pays en guerre, on sait qui est le mchant. Il a un visage. L, il na ni nom, ni visage. Or, on a dautant plus peur que lon ignore do vient la menace. On imagine le pire. Cest le ressort des films dhorreur et des sries que les ados adorent. Aussi la meilleure attitude est didentifier la menace. Prendre une carte, un globe terrestre, montrer o se trouve Daesh, expliquer cette guerre. A partir de 6 ans au primaire, on peut expliquer. On ne les pargne pas en le leur en parlant pas.

ELLE



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