Jeux vidéo : les salariées du géant « Riot Games » victimes de sexisme – Elle.fr



Le monde du jeu vidéo entretiendrait-il une culture sexiste ? C’est ce que pointe du doigt une enquête publiée par le site « Kotaku », mardi 7 août. Selon le média spécialisé dans les jeux vidéo, l’entreprise américaine Riot Games, développeur du jeu à succès « League of Legends », proposerait des conditions de travail particulièrement hostiles à ses salariées. A travers 28 entretiens réalisés avec d’ancien(ne)s et actuel(le)s employé(e)s, l’enquête rapporte que les femmes subissent des propos déplacés, condescendants ou sexistes au sein de l’entreprise. Une femme raconte qu’un de ses collègues, qui pensait lui faire un compliment, lui a annoncé qu’elle « faisait partie d’une liste de femmes, diffusée par les supérieurs de l’entreprise, qui recensait les employées avec lesquelles ils coucheraient ». Par mail, les propos déplacés seraient aussi courants. Une employée raconte des échanges entre collègues qui aimeraient bien « la pénétrer » et qui la définissent comme « le genre de femme avec qui ils coucheraient et qu’ils ne rappelleraient jamais. »

Un problème de mixité en cause

Dans cette « ambiance de potes » particulièrement grivoise et sexiste dénoncée par l’enquête, les femmes ne représentent que 20 % des employés de Riot Games. En cause : les techniques de recrutement de l’entreprise. Lors des entretiens d’embauche, les recruteurs mettraient l’accent sur des valeurs comme l’agressivité et sur l’importance de faire partie d’une culture de « gamer » (joueurs), évinçant rapidement les postulantes. Plusieurs témoignages indiquent aussi que des femmes, ayant durement travaillé pour obtenir une promotion, voyaient le poste convoité être proposé à un homme moins expérimenté qu’elles. Dans un communiqué, l’entreprise affirme ne pas accepter ce genre de comportement et déclare avoir mis en place « une politique de tolérance zéro en ce qui concerne la discrimination, le harcèlement, la rétorsion, les mauvais traitements et la toxicité en général. » En France, les métiers du numérique ne brillent pas non plus en terme de mixité. Seulement 33% des salariés de ce secteur-clé sont des femmes**. Et là encore, ces dernières n’échappent pas au sexisme. Le 16 novembre 2017, « L’Usine Nouvelle » a publié plusieurs témoignages dénonçant des cas de sexisme à l’Ecole 42, établissement spécialisé en formations informatiques. Pour changer la donne, la fondation Femmes@Numérique a vu le jour et se mobilise pour promouvoir la place des femmes dans les nouvelles technologies.

ELLE



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