Mort d’Hubert de Givenchy – Elle.fr


Il est parti comme il est arrivé dans le milieu de la mode, avec humilité, sobriété et élégance. Le créateur Hubert de Givenchy à la marque éponyme nous a quittés à l’âge de 91 ans. Tombée via un communiqué, la nouvelle indique : « C’est avec une immense tristesse que Monsieur Philippe Venet vous informe du décès de Monsieur Hubert Taffin de Givenchy, son compagnon et ami. Monsieur de Givenchy s’est éteint dans son sommeil le samedi 10 mars 2018. Ses neveux et nièces et leurs enfants partagent sa douleur.» 

RETOUR SUR LE GENTLEMAN DE LA MODE

Né le 20 février 1927 à Beauvais, le Comte Hubert James Marcel Taffin de Givenchy, s’est intéressé très tôt à la Mode, après être passé chez Robert Piguet, Pierre Balmain, Elsa Schiaparelli ou encore Dior, il ouvre sa Maison de Couture en 1952 à l’âge de 25 ans. Dans un monde toujours en effervescence, Hubert de Givenchy a su créer une Maison à la hauteur de son aura, de son talent et… de sa taille, lui qui atteignait presque les deux mètres. Grand admirateur de Balenciaga, ce dernier, de 32 ans son aîné, n’aura de cesse de l’inspirer et de le guider en tenant le rôle de père/mentor. Une admiration qui le nourrissait depuis sa plus tendre enfance, comme il le relatait à nos confrères de Paris Match en septembre dernier : « Un jour, à 10 ou 11 ans, j’ai pris le train pour Paris afin de le rencontrer, mes croquis sous le bras. » 

LA MODE GIVENCHY

De sa première collection en 1952, à l’ultime défilé-clôture qu’il présentait le 11 juillet 1995, Hubert de Givenchy a consacré l’ensemble de son œuvre, sans relâche, à sublimer la femme sous toutes les coutures.

Elevé dans un milieu aristocrate, « Le Gentleman » de la Mode marquait les lignes de ses collections de classicisme, de réserve et de distinction, comme l’indique les quelques mots qui ouvrent le site internet de sa Maison : « J’entends rester classique. Mon goût personnel me dirige vers les vêtements construits ; j’aime cette rigueur… ».

Entre « savoir-faire et innovation », « modernité et tradition », il a imposé sa vision de la Mode avec les « Séparables », des jupes légères associées à des blouses comme la « blouse Bettina » dans lesquelles se dessinait la précision d’une silhouette légère au port de Reine. Audrey Hepburn en première ligne en fut l’incarnation. Une muse fantasmée à travers l’écran où le choc de la création à la Française et l’évanescence du cinéma prit forme dans les tenues du film « Sabrina » ou dans l’iconique silhouette capeline/fourreau noir de « Diamants sur Canapé ».

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Givenchy ou tous les opposés

Lorsque «l’impertinence des imprimés se conjugue au classicisme des lignes », il étend son champ avec une collection dédiée à la mode masculine, « Gentleman Givenchy », en 1969. Givenchy, c’est peut-être du « classique », mais c’est aussi une touche de subversif, ce goût de l’avant-garde, lorsqu’il décide de faire défiler des mannequins noirs en 1986 et provoque un tremblement de terre dans la mode. 

A travers 40 ans de création, l’esprit Givenchy restera ancré dans le patrimoine vestimentaire français. Un style marqué d’une fluidité intemporelle et qui se perpétue depuis sa révérence tirée en 1995, année durant laquelle il a fait le choix laisser place à d’autres talentueux créateurs pour mener la direction artistique de sa Maison, et notamment Clare Waight Keller, dernière en date, arrivée en mars 2017.

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