Pour Alexia Daval et toutes les autres – Elle.fr



Une pensée pour Alexia Daval, étranglée par son mari à 29 ans, le 27 octobre, à Gray-la-Ville. Une pensée pour Sindy, abattue par son mari, le 10 septembre à Noyon. Pour Lou, égorgée par son petit ami à 18 ans, le 15 décembre à Cavaillon. Pour Mariama, défenestrée du 4e étage par son mari, le 29 décembre à Montreuil. Pour Laurie, poignardée à 27 ans par son ex, le 17 janvier à Nîmes. Pour Jessica, égorgée, à 41 ans, par son ex, le 21 janvier à Rivière-Pilote (Martinique). Pour Sylvie, tuée à 43 ans par la violence de son compagnon, à Saint-Julien-d’Ance, le 29 janvier. Pour Candice, même histoire tragique, le 30 janvier à Limoux. Une pensée aussi pour Marie Trintignant. Une pensée pour les 131 femmes tuées par leur compagnon ou ex l’an dernier. Et encore une amicale pensée pour les vivantes : les 143 femmes qui ont survécu à une tentative de meurtre en 2017, celles qui vivent un enfer en ce moment même, celles qui en mourront cette année encore, et les courageuses qui ont osé témoigner en couverture de notre numéro spécial sur ce thème (le 3 novembre dernier).

Derrière chaque nom, il y a l’histoire tragique et singulière d’une femme assassinée et d’un homme violent : c’est l’affaire de la justice. Mais derrière ces chiffres, il y a une seule et même cause, récurrente et systémique : la violence conjugale, et c’est l’affaire de la société tout entière. Mis en examen pour meurtre, Jonathann Daval encourt la réclusion criminelle à perpétuité. On parie que le futur procès résonnera encore du tollé général suscité par son avocat aux euphémismes incendiaires. On lui a reproché – Marlène Schiappa en tête – de chercher à transformer la victime en coupable. L’indignation qui s’est propagée sur les réseaux sociaux est le signe que #Metoo est passé par là et, avec lui, une prise de conscience inédite. Tant pis si on a lu et entendu tout et n’importe quoi sur cette affaire médiatisée en temps réel – et même vu resurgir le hashtag #PeineDeMort. Avec un peu de recul, le message est clair : le seuil de tolérance collectif a changé. Sur le front des violences conjugales, c’est un bon début.

Cet article a été publié dans le magazine ELLE du 2 février 2018.  Abonnez-vous ici.

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