Rungis : quand le marché de tous les fantasmes se met en mode Noël – Elle.fr



Rungis fait rêver. Décor de nombre de films qu’on aime revoir à Noël (on pense notamment à « La Bûche », ou encore à « Paris » de Cédric Klapish, à « L’Arnacoeur », au « Cœur des hommes »), le plus grand marché de produits frais au monde, est l’objet de bien des fantasmes. Et le nôtre, qui avons décidé un beau jour de partir en reportage dans le froid de la nuit de décembre pour nous y immerger totalement.

A 4h30, nous sautillons devant La Marée, le hangar à produits de la mer, mais aussi devant le restaurant éponyme ouvert 7/7j 24/24h à tous (même aux particuliers qui, s’ils n’ont pas le droit d’acheter, peuvent y déguster un plateau avec les pros dans cette atmosphère si particulière). Saint-Jacques, oursins, huîtres, il reste encore de beaux produits bien que l’activité se calme à cette heure qui, à nous, nous semble si indécente (c’est vers 2h qu’on s’agite aux poissons semble-t-il). Tant mieux, on peut se poser tranquillement devant chez Gillardeau, le maître des huitres, qui nous en ouvre d’ultra fraîches avec un petit coup de blanc frais à l’heure où nos familles dorment encore.

Pour filer aux viandes, on prend la voiture. Il faut pas croire, Rungis, c’est grand comme Monaco. On n’y déambule donc pas à pied. A la volaille, ça caille. Pour pouvoir conserver les invendus et les grosses pièces de manière générale, le bâtiment dans son ensemble fait office de frigo à 2°C. Le froid s’immisce par le sol dans nos doigts de pied alors qu’on admire les centaines de dindes, de chapons et d’oies qui finiront bientôt en centre de toutes les attentions familiales. Mais cette année, on cuisinera aussi beaucoup de gibier, nous glisse-t-on, viande dont on connaît trop peu les qualités nutritives et l’accessibilité. On croise aussi des groupes de touristes qui ont opté pour un pass découverte du marché.

6h, c’est l’heure du café. Au Saint-Hubert, la brasserie qui vend le plus de cafés en France (après une heure trente de vie absolument nocturne et non alcoolisée, on comprend), ça papote en blouse blanche autour de tartines et de chocolats chauds. Comme au restau d’altitude, on sent nos membres qui se désengourdissent peu à peu. Ici flotte l’effort d’une communauté soudée et si particulière qui vit à rebours du reste de la société, partageant ces horaires pas communs depuis tant d’années. Et puis en décembre, la plupart d’entre eux enregistrent 20% de leur chiffre d’affaire annuel, il ne s’agit pas de faiblir. On est admiratives.

6h30, visite des épiceries de luxe. La dernière truffe blanche part devant nos yeux, damned. On se fait du binge-watching de pata negra, caviar, taramas d’oursin, huiles d’olive, champagne… On se poserait bien pour un gueuleton là, maintenant, tout de suite à l’aube en ce lieu coupé du reste du monde.

7h, on se finit à la déco, où clignotent sapins, étoiles et autres marmottes improbables. Ici, tout est plus grand, plus frais, plus gros. Même Noël, qui palpite à plein tubes.

Dehors, il fait jour, on a l’impression d’avoir déjà vécu mille vies. Direction, le bureau. 

ELLE



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